Le rôle de l’anche
Instruments de musique à vent de la famille des bois
l’anche saxophone ou anche clarinette joue un rôle excitateur fondamental dans la génération du son. Pour rappel, le souffle du musicien étant supérieur à la pression atmosphérique, il va entraîner la vibration de l’anche car celle-ci va jouer le rôle de valve laissant passer une faible quantité d’air dans le bec créant une dépression qui va rabattre l’anche contre la table du bec saxophone ou bec clarinette créant ainsi une onde qui va conditionner le timbre du son produit.
Principe
Une anche est une lamelle élastique mise en vibration par :
- le souffle du musicien (duduk, clarinette, saxophone, hautbois, basson, chalumeau, chalemie, bombarde, sheng…),
- une soufflerie mécanique (orgue, positif, harmonium, accordéon, bandonéon, concertina…),
- ou une poche d’air, alimentée par le souffle du musicien ou un soufflet (cornemuse, biniou, veuze, musette de cour…).
Ce souffle fait vibrer l’anche qui met à son tour une colonne d’air variable en vibration, ce qui produit le son de l’instrument[1]. L’anche peut aussi être la bouche du musicien (anche lippale). Quel que soit son type, elle agit comme une valve qui module le déplacement d’air provoqué par le souffle.
Histoire
L’anche double est connue depuis la haute Antiquité, elle a été développée avec l’aulos, ancêtre du hautbois. L’anche simple est également employée depuis l’antiquité avec une forme de clarinette traditionnelle comme le sipsi des Phrygiens et des Hittites ou une forme de clarinette double chez les égyptiens depuis le IVe millénaire av. J.-C.. L’anche libre, connue en Chine depuis le IIIe millénaire av. J.-C. a été introduite en 1810 dans la facture instrumentale moderne par Gabriel-Joseph Grenié, lors de la présentation de son orgue expressif.
A chaque musicien, son anche idéale !
L’orientation jazz ou classique du saxophoniste ou clarinettiste va être un élément déterminant dans le timbre qu’il recherche et par conséquent dans son choix d’anche. Si un musicien jazz sera à la recherche d’un son que l’on qualifiera communément de « métallique », « dur », « venteux », autant d’expressions qui désignent un son riche en harmoniques… un musicien classique cherchera quant à lui un son plus « chaud », « rond » ou « centré » donc un son dénué d’harmoniques.
Formes
Enfermées dans une capsule (tournebout) ou dans une poche d’air (cornemuse), libre dans la bouche (zurna) ou contrôlées par les lèvres (bombarde, hautbois), accessibles par des clapets (accordéon) ou par des mécanismes monumentaux (orgue), les anches ont des formes et des dimensions diverses et multiples, produisant des sons sourds ou stridents, voilés ou éclatants, très doux ou extrêmement puissants. Les instruments transformant cette vibration sont aussi riches et hétéroclites que les civilisations et les cultures qui les ont fait naitre.
Types d’anche
Quelle que soit leur matière, il existe quatre sortes d’anches distinctes aux propriétés acoustiques bien différenciées :
- l’anche simple libre, type accordéon. Une languette mise en vibration par un déplacement d’air et vibrant librement en aller/retour.
- l’anche simple battante, type clarinette. Une languette mise en vibration par un déplacement d’air et « battant », plus exactement vibrant contre un bec qui constitue l’ouverture ménagée dans le tube de l’instrument.
- l’anche double libre, type cornemuse. Deux languettes mises en vibration par un déplacement d’air et vibrant librement soit dans la bouche, soit dans une chambre appelée « capsule ».
- l’anche double contrôlée par les lèvres, type hautbois. Deux languettes mises en vibration par un déplacement d’air et que le musicien peut contrôler par la variation de son souffle et des pressions infimes de ses lèvres et de la mâchoire.